La qualité de l’eau distribuée dans l’ex-CAVIL (état des lieux- nov. 2016)

La qualité de l’eau distribuée dans l’ancienne CAVIL (Villefranche, Limas, Gleizé et Arnas) n’est pas toujours irréprochable. Quelquefois, des concentrations en pesticides (ou leurs produits de dégradation), dépassent les normes de potabilité comme le prouvent :

  • ce  fichier regroupant 3 analyses réalisées par les services de l’ARS [Agence Régionale de Santé Auvergne Rhône-Alpes] sur l’eau distribuée en divers points de l’ex-CAVIL au cours du 1er semestre 2016 qui révèle des non-conformités sur les paramètres physico-chimiques,
  • ce courriel qui suit une interpellation de l’ARS après le constat exposé précédemment.

En l’absence de réponse de l’ingénieur sanitaire, les échanges avec l’ARS peuvent même devenir vifs tout en s’efforçant de rester constructifs.

Pourquoi nous focaliser sur la qualité des eaux ?

D’abord parce que c’est un point essentiel pour la santé de 66 000 usagers.

Ensuite, c’est aussi pour notre collectif un élément d’argument prouvant que la qualité du service rendu par le délégataire (Véolia) n’est pas aussi irréprochable que les élus veulent bien nous dire –  même si cela passe la plupart du temps inaperçu pour les usagers. La gestion de l’eau potable sur notre territoire est confiée depuis plus de 30 ans à des prestataires privés (Véolia et Lyonnaise des Eaux qui se partagent les marchés de Délégation de Services Publics) et le renouvellement des contrats ne fait l’objet d’aucune discussion publiques alors que de plus en plus de villes reviennent vers une gestion publique de l’eau.

Quelles solutions sont envisagées ?

cartebeauregardBien évidement, les élus et les services techniques ne sont pas indifférents à ces dysfonctionnements. Ils savent que la station de traitement des eaux pompées dans le champ de captage de Beauregard (en bordure de Saône, rive droite, juste en face de la commune de Beauregard) ne répond plus à l’exigence des normes actuelles.

Les élus ont donc décidé d’investir dans une unité de potabilisation plus moderne et plus performante capable d’éliminer toute trace de pesticides, de solvants et même de perturbateurs endocriniens.

Les premiers marchés publics sont en train d’être passés.

Pourquoi faut-il traiter les eaux du champ captant de Beauregard ?

Ce champ captant se trouve en contrebas du bassin versant viticole, de l’autoroute A6, de la zone industrielle de Villefranche Nord-Arnas et d’une importante zone maraîchère d’agriculture intensive.

Comme déjà mentionné dans un courriel à l’ARS, les « eaux brutes » qui y sont pompées contiennent divers micropolluants qui les rendent impropres à la distribution sans traitement préalable (voir le fichier joint regroupant les données de l’ADES [la banque nationale d’Accès aux Données sur les Eaux Souterraines].

Certes, un arrêté préfectoral signé le 14 mai 2014 par le préfet de Région, définit un programme d’actions à mettre en œuvre sur la zone de protection de l’aire d’alimentation du captage de Beauregard. Mais ces mesures visant la réduction des fertilisants azotés et des produits phytosanitaires (pesticides) sont laissées à la bonne volonté des exploitants agricoles. Ce n’est qu’après 3 ans que certaines dispositions pourraient avoir un caractère obligatoire.

Une nouvelle usine, est-ce la meilleure et seule solution ?

Le coût d’investissement de la nouvelle unité prévue par nos élus est estimé à près de 10 millions d’Euros. Au delà de ce coût de construction, il faut aussi penser que cette unité de traitement devra fonctionner pendant 30 à 50 ans, ce qui va engendrer des coûts de gestion considérables : achat permanent de réactifs, coût de maintenance d’équipements, de réparations le cas échéant…

Est-ce le bon choix qui est réalisé par nos élus ?

En l’état actuel de nos connaissances, le collectif Eau Bien Commun Beaujolais reste dubitatif. Et si nous critiquons aujourd’hui ce choix, c’est parce qu’il ne nous semble pas suffisamment argumenté. Nous peinons à obtenir des arguments qui emporteraient notre conviction. Le coût d’investissement de la nouvelle unité prévue par nos élus est estimé à près de 10 millions d’Euros. Au delà de ce coût de construction, il faut aussi penser que cette unité de traitement devra fonctionner pendant 30 à 50 ans, ce qui va engendrer des coûts de gestion considérables : achat permanent de réactifs, coût de maintenance d’équipements, de réparations le cas échéant… [même si les marchés de construction et de gestion passeront nécessairement – la loi l’impose – par un appel d’offre mettant en concurrence de plusieurs fournisseurs de technologies et de services].

Alors, que pourrait-il être fait ?

Il est important qu’une telle décision d’investissement – avec ce qu’elle représente de dépenses publiques à court et long terme – puisse s’appuyer sur des arguments objectifs.

Nous pensons, au collectif Eau Bien Commun Beaujolais, qu’une étude hydrogéologie de recherche de sources alternatives non polluées (ou a-minima « moins » polluées) aurait dû être réalisée préalablement. Le coût d’une telle étude aurait été dérisoire par rapport à l’investissement pour une nouvelle unité de potabilisation.

Lors de nos rencontres et discussions avec les élus et services techniques, on nous dit que ces études ont été réalisé. Toutefois, aucun document ne nous parvient, malgré plusieurs demandes par courriel, puis par courrier officiel . En l’absence de réponse des services techniques de l’Agglo, début novembre, nous avons saisi la CADA (Commission d’accès aux documents administratifs).

Nous attendons désormais la suite des événements, mais il faut noter que dans le dossier de presse du Contrat d’Agglo 2016-2021  signé entre l’Agglo et l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée & Corse le 26 octobre dernier, une étude sera conduite sur la possibilité de diversifier les sources de production d’eau potable.

Notre insistance commencerait-elle à portes ses fruits ?

En tout cas, nous nous réjouissons de pouvoir contribuer au débat entre élus et citoyens pour que des progrès soient fait en termes de qualité de l’eau sur notre territoire. A suivre …

 

 

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